
Un an après la disparition de Jacques BAUMEL et du Général de BOISSIEU, deux Compagnons de la Libération, la République a, à nouveau, rendu à Paris un hommage sobre et émouvant à Lucie Aubrac, "lumière rayonnante de la Résistance", décédée il y a une semaine à 94 ans, lors d'une brève cérémonie d'honneurs militaires dans la cour d'honneur de l'Hôtel des Invalides. Devant la famille de l'héroïne de la Résistance, son mari Raymond Aubrac, 92 ans, ses trois enfants et ses dix petits-enfants, le président Jacques Chirac a qualifié Lucie Aubrac de "lumière rayonnante de la Résistance" et de symbole de l'engagement des femmes dans la Résistance.
D'anciens résistants avec leurs décorations, dont deux Compagnons de la Libération Serge Ravanel, qui était surnommé affectueusement "mon petit frère" par Lucie Aubrac, et Charles Gonard, une dizaine de membres du gouvernement, dont le Premier ministre Dominique de Villepin, ont assisté à la cérémonie en face d'un détachement des trois armées et de la gendarmerie.
Lorsque le cercueil porté par huit gardes républicains est entré dans la cour, suivi de deux gardes républicains portant sur un coussin noir la croix de grand officier de la Légion d'honneur et celle de grand'croix du Mérite de Lucie Aubrac, la musique de la Garde républicaine a joué la marche funèbre de Vanneau-Latour.
"Notre famille s'est agrandie", a déclaré l'un des dix petits-enfants de Lucie Aubrac devant le cercueil recouvert du drapeau tricolore. Après ses visites régulières dans les écoles et les lycées, a-t-il assuré, Lucie Aubrac compte désormais "200.000 petits-enfants qui ont partagé avec elle les valeurs de la Résistance" au moment ou "combien de libertés sont encore bafouées".
"Nul ne peut ignorer qu'aux heures tragiques, le courage, l'esprit de décision et de sacrifice se conjuguent tout autant au féminin", a déclaré le chef de l'Etat, tête nue sous une pluie fine.
"Lucie Aubrac, a-t-il affirmé, nous n'oublierons pas votre message. La cohésion nationale est un combat de tous les jours. Nous devons garder vivante dans nos coeurs la flamme des luttes de la République pour la liberté : les droits de l'homme. L'abolition de l'esclavage. La bataille des dreyfusards pour le triomphe des droits individuels sur la raison d'Etat. Le sacrifice des soldats de Verdun. La Résistance contre le déshonneur de Vichy".
Le cercueil a ensuite quitté les Invalides alors que résonnait "Le Chant des Partisans" interprété par le choeur de l'armée française devant la dizaine de drapeaux de la Résistance intérieure ou de la France Libre inclinés en signe de deuil.
Lucie AUBRAC : grande figure de la résistance
29 Juin 1912 - 14 Mars 2007
Lucie Aubrac, (de son vrai nom Lucie Bernard), l'une des dernières grandes figures de la Résistance, est décédée mercredi soir à l'Hôpital suisse de Paris, à l'âge de 94 ans, a indiqué son mari, Raymond Aubrac.
Elle prend conscience du danger du fascisme entre les deux guerres, et découvre les premiers ravages de l'antisémitisme nazi lors des Jeux Olympiques de Berlin en 1936.
Dans l'ombre et la clandestinité Lucie et son mari Raymond choisissent la Résistance dont ils furent deux grandes figures.
Elle rencontre à Clermont-Ferrand, le journaliste Emmanuel d'Astier de la Vigerie qui organise un petit groupe clandestin "la dernière colonne" et fait paraître un journal clandestin Libération, qui devait aboutir au réseau de Libération-sud, un des premiers mouvements de Résistance. A Lyon, Raymond fait partie de l'état major de l'Armée Secrète du Général Charles Delestraint. Une première fois arrêté par la milice puis relâché le 15 Juin 1943. A Caluire, le 21 Juin 1943 il est de nouveau arrêté par la Gestapo de Klaus Barbie, avec Jean Moulin, chef du Conseil national de la Résistance (CNR), et une dizaine de Résistants, en octobre 1943, avec ingéniosité et sang-froid, les armes à la main, Lucie Aubrac réussit à nouveau à soustraire son mari des griffes de la Gestapo, ainsi que treize autres prisonniers qui parviennent à s'enfuir lors du coup de main organisé par la Résistance. Après ce succès, ils rejoignirent le Général de Gaulle à Londres en Février 1944, puis à Alger.
Plus de 50 ans après, Lucie Aubrac reste toujours aussi consciente et sensible aux maux qui nous entourent. Elle parcourt la France pour monter aux jeunes que la Résistance ne doit pas se limiter aux périodes de guerre. Résister, c'est refuser et être prêt à monter en 1ère ligne pour défendre sa liberté c'est un acte de citoyenneté.
Après la guerre, elle a été notamment juré non parlementaire à la Haute Cour de justice du procès Pétain. Elle poursuit ensuite son engagement militant, notamment pour Amnesty international, et dans les rangs du Réseau Femmes pour la parité, qui dénonce la sous-représentation des femmes au Parlement.
Grand officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 39-45 et médaillée de la Résistance, Madame Lucie Aubrac, mère de trois enfants, était l'auteur de "Ils partiront dans l'ivresse" (1984 - Le Seuil), et de Cette exigeante liberté (1997 - Archipel).
Nous ne devons jamais oublier !! Nous ne devons cesser de RESISTER, car la Résistance et le combat pour nos valeurs sont l'essence-même de notre République !
C'est un Devoir de Mémoire pour ceux à qui nous devons notre Liberté et notre Fierté ! C'est un Devoir pour les générations futures et pour la France !
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