
Depuis Vendredi soir la récolte des parrainages nécessaires pour se présenter à l’élection présidentielle est close. Comme chaque année, cette collecte des signatures des élus locaux a mené à de très nombreuses controverses sur le rôle des deux grands partis dans l’obtention des signatures, sur le nombre de candidats, sur la crédibilité de certains petits candidats.
Comme chaque année, certains hommes politiques ont mené leurs campagnes de communication sur la difficulté de trouver les parrainages nécessaires. Il est donc certainement temps de se poser la question de savoir si une réforme est nécessaire ou pas. Le débat court déjà depuis 2002 dans l’hexagone et force est de constater que ce sujet n’intéresse que le moment venu et est oublié entre deux élections.
Nous avons l’impression qu’aujourd’hui les parrainages sont vus comme une sorte de droit de veto pour empêcher tel ou tel candidat de se présenter, mais cela ne doit pas être perçu de cette façon, car ce n’était pas le but original. Au départ, les signatures étaient censées garantir le bon fonctionnement des institutions et prévenir les possibles candidatures totalement fantaisistes. Malheureusement, les mœurs et les règles politiques ont changé et désormais, ce sont les intérêts électoraux qui sont en jeu ainsi que le report des voix des absents sur les qualifiés.
Aujourd’hui, ce sont les deux grands partis, UMP et PS qui mènent la danse en exerçant plus ou moins des pressions sur les élus locaux. D’ailleurs, il convient de se rappeler de la tirade du Premier Secrétaire du Parti Socialiste qui avait déclaré en décembre dernier que les maires PS devaient obligatoirement accorder leurs parrainages à la candidate socialiste sous peine de sanctions. La démocratie à ce niveau là fonctionne à deux vitesses et ce n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux pour l’avenir du pays et pour l’avenir de la démocratie en France.
Jacques Pélissard, le Président de l’association des maires de France avait proposé que ces parrainages, une fois la vérification faite restent anonymes pour éviter qu’une trop forte pression soit orchestrée sur les élus décidant au nom de la démocratie de parrainer un autre candidat que celui de son camp. C’est une idée qui permettrait effectivement de lever les doutes et les pressions. Mais cela sera-t-il suffisant ? Rien n’est moins sûr.
Une signature veut-elle dire soutien ? Soutien à un candidat non ! Soutien à la démocratie Oui ! Nous nous dirigeons aujourd’hui de plus en plus vers un système à l’américaine où seuls les deux grands partis ont le droit de présenter des candidats aux présidentielles. Evidemment nous en sommes encore très loin, mais l’écart tend à se réduire, tant l’UMP et le PS occupent le champ électoral depuis de nombreuses années.
La réforme du système de parrainage doit continuer à être examinée tout en se méfiant de tout emportement. Les parrainages citoyens ne sont pas forcément une solution, cela serait trop difficile et trop pénible à vérifier pour le Conseil Constitutionnel. Ce débat doit être mené conjointement entre toutes les forces politiques pour que cela soit l’objet d’un large consensus sur la question. L’utilisation d’une conférence de Cohésion Nationale sur le sujet pourrait être intéressante….
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